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Ghana : débarrassé de la tutelle du FMI, Akufo-Addo promet une nouvelle ère de prospérité

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(BBCI FINANCE) – Le président ghanéen a lancé hier mercredi 11 avril, une nouvelle stratégie de croissance qui se veut inclusive et créatrice d’emplois à l’horizon 2024. En poste depuis plus d’un an, Nana Akufo-Addo s’est jusque-là plaint de sa marge de manœuvre réduite par la tutelle du FMI à laquelle le chef de l’Etat veut mettre fin à son expiration prévue pour ce mois d’avril. Et ce d’autant plus que la croissance du pays a retrouvé depuis quelques temps de la vigueur, atteignant actuellement un rythme parmi les plus dynamiques du continent.

«Une nouvelle ère de prospérité sans l’aide et la tutelle des bailleurs de fonds extérieurs», c’est la promesse du président ghanéen qui vient de dévoiler sa politique de gouvernance, 15 mois après son arrivée à la «Jubilee House», le palais présidentiel. Le président Nana Addo Dankwa Akufo-Addo a en effet lancé mercredi au Centre international de conférence d’Accra, le nouveau programme coordonné de politiques de développement économique et social du gouvernement. Il s’agit en termes clairs, de la traduction dans les faits, de la vision du président ghanéen qui entend ainsi imprimer sa marque à travers toute une série de grandes orientations dont l’objectif est de parvenir à faire émerger durablement «une économie forte offrant des opportunités pour la croissance, le développement et la prospérité de chaque ghanéen» selon les explications de Akufo-Addo.

 Ghana : le président Nana Akufo-Addo veut se passer du FMI

Selon le président ghanéen, la stratégie qui est intitulé :«Agenda pour l’emploi: créer la prospérité et l’égalité des chances pour tous» reflète «les nombreuses aspirations des citoyens à travers la planification, la prise de décision, la mise en œuvre, la mesure et l’évaluation des politiques, programmes et actions du gouvernement, dans toutes les régions, districts et secteurs du pays». Lors de la cérémonie officielle de présentation du document, le président Akufo-Addo a souligné que son gouvernement vise «à créer une nation optimiste, sûre d’elle et prospère par l’exploitation rationnelle et efficiente des ressources humaines et naturelles du pays, en instaurant une société démocratique, ouverte et juste, dans laquelle la confiance mutuelle et les opportunités économiques existent pour tous».

Sur un ton des plus nationalistes et souverainistes, le chef de l’Etat ghanéen a promis que cette nouvelle stratégie qui porte sa vision, inaugurera une nouvelle ère du «Ghana Beyond Aid» pour générer la prospérité et l’égalité des chances pour tous.

Stratégie de croissance inclusive

La stratégie a été structurée autour de cinq piliers de croissance et de développement, notamment la revitalisation de l’économie, la transformation structurelle des secteurs de l’agriculture et de l’industrie, la réorganisation de l’infrastructure économique et sociale, le renforcement de la protection sociale et de l’inclusion ainsi que la réforme de la prestation des institutions de service public. Devant les membres du gouvernement, les représentants du secteur privé, les responsables d’institutions publiques, le président Ghanéen s’est dit convaincu que la nouvelle politique économique du gouvernement et une gestion efficace de la politique budgétaire créeraient des conditions favorables au développement économique et stimuleraient l’investissement, l’expansion et la productivité accrues du secteur privé. Il a annoncé en ce sens plusieurs mesures destinées notamment au secteur privé national et autres investisseurs afin de saisir les opportunités qui seront ainsi offerte grâce aux mesures qui seront mises en œuvre pour promouvoir la croissance. « La politique industrielle doit être soutenue par des infrastructures ciblées pour éliminer les goulets d’étranglement critiques dans les domaines routier, ferroviaire, aérien, maritime, sanitaire et énergétique, et répartir les infrastructures de manière équitable et complète à travers le pays » a fait savoir le chef d’Etat ghanéen.

« Nous allons aider le secteur privé à développer ses capacités et à se positionner auprès des gouvernements partenaires dans la mise en œuvre des initiatives clés identifiées dans le cadre de l’Agenda. Les organisations de la société civile (OSC) ont un rôle important à jouer dans la diffusion de l’information sur le programme, en facilitant les interventions directes au niveau communautaire et en garantissant la responsabilité dans sa mise en œuvre ».

Le président ghanéen a en outre promis d’accorder une attention particulière à la promotion de la bonne gouvernance et surtout à faire émerger une industrie intégrée dans les chaines de valeurs mondiales à travers l’amélioration de la qualité du capital humain, ce qui va se traduire par la création massive d’emplois. A travers la nouvelle feuille de route, le président ghanéen a engagé son gouvernement à veiller particulièrement à améliorer sa capacité à fournir les biens et services publics de base afin de répondre aux aspirations légitimes des citoyens à travers notamment un meilleur accès aux services sociaux, tels que l’éducation, la formation et le développement des compétences et des soins de santé. Pour ce faire, les investissements directs dans les infrastructures, tels que le transport, l’électricité, le logement abordable et l’eau, seront renforcés. Plusieurs initiatives seront lancées pour porter cette stratégie qui se veut durable, inclusive et créatrice d’emplois. C’est le cas par exemple de l’initiative «un district, une usine», une de ses promesses électorales phares.

Par ailleurs, Akufo Addo s’est engagé à améliorer les prestations sociales à travers un régime de politique sociale intégré qui répondra aux besoins de la population croissante, de l’urbanisation et des besoins en infrastructures sociales. «Des politiques appropriées pour la protection sociale et l’inclusion seront maintenues pour répondre aux besoins des personnes vulnérables » a-t-il aussi promis, exhortant l’ensemble des acteurs à répondre à «cet appel national».

Marge de manœuvres retrouvée

La mise en œuvre de la nouvelle stratégie sera étalée sur une période de 7 ans et sa présentation s’inscrit dans le cadre du respect des dispositions de la constitution du pays qui impose à chaque président nouvellement élu de présenter sa politique générale dans les deux années qui suivent son entrée en fonction. Arrivé au pouvoir il y a juste un peu plus d’un an, le président Akufo-Addo a attendu l’arrivée à échéance du programme dont bénéficie le pays avec le FMI, pour dévoiler les grands axes de son ambition pour le Ghana. Depuis son installation, le chef de l’Etat ghanéen s’est en effet montré très critique à l’égard du diktat que constitue la mise en œuvre du programme de relance économique sous surveillance des partenaires financiers. Il a, et à plusieurs reprises, fait savoir qu’il n’entend point prolonger l’accord avec le FMI à l’arrivée à terme du programme en cours, lequel prend fin en principe en ce mois d’avril. Malgré les craintes des marchés financiers ainsi que l’impact de l’assistance financière du fonds qui a permis à l’économie ghanéenne de sortir de la difficile conjoncture qu’elle a traversé ces dernières années, Akufo-Addo a maintenu son engagement de mettre fin à cette tutelle qui réduit fortement ses marges de manœuvres. Selon le chef de l’Etat ghanéen, son pays n’a plus besoin de l’assistance des partenaires extérieurs, ce qui vaut également pour l’Afrique.

Cette prise de position qui selon Akufo-Addo devrait permettre à son pays de retrouver sa souveraineté économique, a été largement applaudie en Afrique en attendant qu’elle fasse des émules. D’ailleurs, à chaque participation à un Forum économique de haut niveau, le président ghanéen ne cesse de plaider pour que «l’Afrique prenne en charge son propre destin».

D’autant plus que pour le président ghanéen, le continent a du potentiel pour soutenir sa croissance à condition de disposer d’une véritable vision comme c’est le cas pour son pays. C’est en ce sens et pour conforter ses arguments que la nouvelle stratégie de croissance a été arrimée à d’ambitieux objectifs qui se base sur sa vision qui a été fondée, selon ses propres mots, «sur la nécessité de créer une économie forte, créatrice de débouchés, créatrice d’entreprises, stimulatrice de l’expansion des entreprises existantes et, en fin de compte, création d’emplois, croissance économique accrue et augmentation des revenus». Le lancement de la nouvelle stratégie intervient d’ailleurs dans un contexte des plus favorables sur lequel surfe l’économie du pays. Après une croissance du PIB dont le rythme a été estimé à 8,5% en 2017, le Ghana est bien parti pour rééditer l’exploit d’atteindre la plus forte croissance du continent cette année encore comme le confirment les différentes projections des principales institutions financières internationales.

Il reste désormais au président Akufo-Addo, à maintenir le cap et surtout à veiller à réussir la mise en œuvre de son nouveau programme, ce qui permettra assurément au Ghana de faire cas d’école pour un continent toujours en quête de véritable stratégie de croissance. C’est tout l’enjeu pour l’ancien avocat qui depuis sa prise de fonction, ne cesse de détonner par ses prises de position courageuses qui l’ont érigé dans l’opinion continentale en nouveau chantre de «l’afro-optimisme».

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