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Chérif Salif Sy : « Nous sommes dans une croissance appauvrissante »

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(BBCI FINANCE) – Chérif Salif Sy, économiste sénégalais qui a enseigné à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, a également connu une carrière de haut fonctionnaire en étant de 2000 à fin 2003 conseiller au Cabinet du Président de la République du Sénégal Abdoulaye Wade, puis de 2007 à 2009, à la tête de l’Agence Nationale du Conseil Agricole et Rural. Cet “observateur engagé”, “tiers-mondiste réaliste”, reste un pourfendeur des institutions de Bretton Woods et des politiques économiques en Afrique. Doutant de la réelle émergence du continent, il ne veut pas se “limiter à critiquer l’action politique” mais entend formuler aussi des “alternatives crédibles”.

L’économie sénégalaise
L’économie sénégalaise, comme la plupart des économies d’Afrique, est toujours dans une zone de turbulences et la principale difficulté vient toujours des institutions internationales, Banque mondiale ou Fonds monétaire international (FMI), qui se trompent souvent et persistent, avec une forte volonté de ne pas perdre le contrôle sur nos économies. Cela impacte fortement la capacité de décision de nos Etats. Depuis 1980, la politique économique et sociale se résume à la politique budgétaire. Le développement économique, c’est un pari, ce n’est pas se serrer la ceinture.

La Banque mondiale et Fonds monétaire international (FMI) se trompent souvent et persistent

Des institutions internationales qui changent ?
Je ne crois pas que ces institutions aient changé mais elles sont subtiles et animées de manière très intelligente. Elles ont la capacité de capter des gens comme moi qui sont dans la société civile et formulent des recommandations en phase avec ce que veulent les peuples. Elles arrivent même à les recruter. La mission de ces institutions n’est pas de faire le développement économique et social à la place des Etats. Regardez l’exemple des banques de développement, dont ces institutions ne veulent pas. Aucune région du monde ne s’est développé sans banques de développement.

Doing Business
Il faut prendre en compte ce rapport, comme d’autres, et bien l’analyser. Le Doing Business, c’est une volonté de formater nos territoires pour que le capital étranger s’y déploie dans les meilleures conditions possibles. Ce n’est pas autre chose. Ce n’est pas pour les entrepreneurs locaux et le développement local.

Le Doing Business, c’est une volonté de formater nos territoires pour que le capital étranger s’y déploie

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